Trop plein de pensées n°1

Puis-je trouver ma voie en ces terres ? Mais que puis-je trouver de plus ici ? Toute évolution ne ferait que me ramener à mes racines et aux valeurs qui les accompagnent. Comment prétendre à la recherche de vérité quand rester dans sa zone de confort ne peut nous en apporter qu’une parmi tant d’autres ? Du haut de mes 20 ans je recherche ce que l’on peut trouver de plus. La sincérité du contact humain au-delà de chaque éducation, au-delà de chaque culture. Mon éducation ne vaut pas plus que celle d’un autre, alors comment m’accomplir en tant qu’Humain ? Je peux certes m’affirmer en tant que femme, en tant que Française ou en tant qu’employée de telle entreprise. Mais à l’échelle de notre monde, cela n’est-il pas réducteur ? D’autant plus que ce chemin-ci, si enclin à respecter les mœurs de ma culture, m’est offert sur un plateau. Tel un modèle de société que l’on m’incite à suivre dès mon plus jeune âge. On ne nous apprend pas à réfléchir, on nous demande d’aller dans le même sens, et que notre cerveau, bien nourri, puisse être prêt à servir la cause « du progrès ».

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A quoi bon transmettre notre héritage dans un si grand panel ? Quel gâchis de s’acharner à reproduire le schéma de nos ancêtres quand, éveillé à cette situation d’urgence dans laquelle est plongée notre monde,tout nous mène à faire face à une problématique planétaire ? Loin est le temps de la prospérité familiale au sein des villages. Aujourd’hui le monde a été conquis de toute part et bien plus, puisque le voilà à présent exploité sous toutes ses formes.Le temps n’est plus à l’extension d’un territoire ni même au développement de sa descendance. Le temps est à la recherche d’identité au delà des frontières.Nous sommes pour ainsi dire devenus responsables d’un monde qui nous a ouvert ses portes. Nous voilà dès lors prêts à nous identifier aux uns et aux autres dans un souci de partage et, surtout, d’équité.

Lorsque, désormais, l’on cherche à comprendre le fonctionnement de quelque chose, il nous faut pour cela accéder à un mécanisme qui prend vie à travers le globe entier. Rester sur les acquis d’une éducation et d’une appartenance nationale serait régressif. Pour évoluer pleinement en tant qu’humain, il nous faut sans cesse renier ses origines pour s’en approprier d’autres. Apprendre à n’être rien pour être tout.

L’Homme, condamné à être gouverné par ses sentiments, n’a plus qu’à s’armer d’émotions nouvelles à la vue de l’inconnu. Etre en perpétuel mouvement, afin de toujours réapprendre ce qu’il valait mieux oublier. Une éternelle remise en question au gré de ce qu’on découvre ne serait-il pas le chemin le plus direct vers une évolution responsable ? J’accepte d’être une éternelle adolescente si c’est pour inlassablement tendre vers autre chose que ce que l’on me propose. Je ne cherche pas à répondre à mes envies, qu’elles soient réelles ou influencées par une société de surconsommation. J’aspire simplement à être là où sera ma prochaine destination. Et quand je me serai rendu compte que je ne suis pas plus heureuse là-bas, il sera alors temps pour moi de m’établir en d’autres lieux. Et ceci indéfiniment. Ainsi pourrai-je dire que la richesse est d’autant plus renouvelable qu’éphémère. Et prétendre ne rien connaître nous permettra de toujours en savoir plus, sans en avoir la prétention.